Acteur

Historique Le premier acteur serait le grec Thespus (ou Thespis) qui aurait joué en -534 (probablement le 23 novembre) au théâtre d'Athènes pour les fêtes de Dionysos et serait ainsi devenu le premier à interpréter des paroles, séparément du chœur, dans une pièce de théâtre. Avant lui, les histoires étaient racontées avec des danses ou des chansons, à la troisième personne, mais aucune histoire n'était racontée à la première personne.

Cet acteur est unique à l'origine et, seul protagoniste, il parle avec le chœur. Le dramaturge grec Eschyle est le premier à introduire un deuxième personnage, puis Sophocle en fait intervenir un troisième.

En France, les métiers du théâtre sont longtemps réservés aux hommes, et souvent déconsidérés ; ce n'est qu'en 1603, à l'occasion d'une tournée théâtrale d'une troupe italienne, qu'une femme, Isabella Andreini, obtient le droit de monter sur scène.

Définition L'acteur est celui qui met en acte, en action, le texte écrit par le dramaturge, et les situations organisées par le metteur en scène. C'est lui qui agit et donne la vie au personnage. Dans certains cas il peut être même l'unique créateur de son rôle, par exemple dans les spectacles d'improvisation comme la commedia dell'arte.

Aujourd'hui, par l'influence de l'anglais, l'usage tend à réserver parfois le terme « acteur » aux interprètes de cinéma et le terme « comédien » aux interprètes de théâtre. Littéralement, le comédien est un acteur plus particulièrement spécialisé dans la comédie (κωμωδία), de même que le tragédien est davantage spécialisé dans la tragédie (τραγωδία). Toutefois, le terme de « comédien » recouvre surtout une notion d'état, de métier, tandis que celui d'« acteur » recouvre une notion de rôle, de fonction.

L'acteur et son personnage Il existe une ambiguïté constante entre la personnalité du rôle et celle de son interprète. Ce paradoxe a notamment été exposé par Diderot. On raconte qu'un acteur romain du nom d'Ésope, emporté par la folie du personnage d'Oreste assassina un de ses partenaires ; de même, l'acteur Genest se serait converti, emporté par la foi de son personnage, et fut même sanctifié (pour avoir subi le martyre, et non pour sa passion du théâtre...). L'acteur change d'identité afin de pouvoir incarner tel ou tel autre personnage, cependant les cas de confusion mentale sont rarissimes et l'acteur doit rester lui-même pour créer artistiquement un caractère. L'identification à son personnage n'est jamais totale, sous peine de folie. L'acteur puise à la fois dans son vécu et son imaginaire pour créer un rôle. L'Église catholique, pendant des siècles, a vu d'un fort mauvais œil cette capacité à dissimuler ou à transformer la nature profonde de son être : les acteurs furent excommuniés à partir de l'an 398. Molière fut enterré à la sauvette, et il fallut attendre le XXe siècle pour qu'une actrice, comme Sarah Bernhardt par exemple, puisse avoir des obsèques nationales.

Le jeu de l'acteur Le jeu de l'acteur intervient souvent en complément d'un autre art. S'il est partie intégrante des arts traditionnels (architecture, sculpture, peinture, gravure, musique), il peut aussi exister seul (une lecture de texte, un spectacle d'improvisation, par exemple) ou bien s'ajouter aux autres arts, notamment ceux où l'interprétation est séparée de la création : théâtre, télévision, cinéma.

Certains appellent le jeu de l'acteur le huitième art, place que d'autres attribuent à la télévision. Le huitième art serait donc « l'art de la prestation ».

Ainsi, lors des compétitions cinématographiques, les prix d'interprétation récompensent le huitième art alors que les autres récompensent le septième.

Voir aussi Liste des acteurs et actrices Duo comique Liste de cours d'art dramatique

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