Macbeth (Shakespeare)



Macbeth est une tragédie de William Shakespeare, écrite en 1605 et publiée en 1623. Le sujet est inspiré d'un personnage réel - Macbeth, roi d'Écosse - mais la tragédie, quant à elle, est complètement fictive et n'a pas grand chose à voir avec la vie et le règne du roi picte, qui régna en Écosse de 1040 à 1057.

Au Royaume-Uni, une légende veut que Macbeth soit une pièce apportant le malheur. Ainsi, les acteurs l'appellent souvent « cette pièce écossaise » (« The Scottish Play »), plutôt que par son nom. Prononcer le nom de la pièce dans un théâtre conduit, selon la croyance, à l'échec de sa représentation.

Lady Macbeth est considérée par beaucoup comme l'un des rôles les plus difficiles pour une femme dans le théâtre occidental. Elle devient folle en raison de sa participation au meurtre du roi, et meurt hors de scène à l'acte final.

Sommaire 1 Intrigue 2 Analyse 3 Filmographie sélective 4 Opéra 5 Notes 6 Voir aussi





Intrigue

Johann Heinrich Füssli, Lady Macbeth somnambule, conservé au musée du Louvre — Face à l'attitude de Lady Macbeth, empreinte de folie, les deux personnages réagissent de manière différente : surprise chez la dame de compagnie, intérêt scientifique chez le médecin, qui prend des notes.L'œuvre débute sur la fin d'une bataille qui oppose la Norvège à l'Écosse, au cours de laquelle Macbeth, cousin et fidèle chef des armées de Duncan, roi d'Écosse, s'illustre par son courage, sa persévérance et sa loyauté, menant son armée à la victoire. Sur le chemin du retour, Macbeth, le duc de Glamis, rencontre trois sorcières qui l'accueillent en lui donnant trois titres différents : le duc de Glamis, le duc de Cawdor, et le futur roi ; puis, sans donner plus d'explications, elles disparaissent.

Peu de temps après, deux seigneurs envoyés par Duncan viennent annoncer à Macbeth que le roi le nomme duc de Cawdor en guise de récompense.

Il est difficile de savoir si ce sont les prédictions des sorcières qui font éveiller en Macbeth le désir de se faire couronner, mais il est fort probable qu'elles participent fortement à sa chute. La première réaction de Macbeth est de faire part de sa rencontre insolite à son épouse. Ils finissent par manigancer le meurtre de Duncan dans leur propre château.

Effrayés à l'idée d'être accusés du meurtre, les enfants de Duncan fuient en Angleterre, laissant le trône libre à Macbeth.

A partir de ce point, les peurs de Macbeth le conduisent à ordonner plus de meurtres, et à revoir les trois sorcières qui l'induisent en erreur par leurs réponses ambiguës.

Une rébellion naît des atrocités du règne de Macbeth, et ce dernier se fait finalement assassiner au château de Dunsinane par Macduff, dont la famille s'est fait exterminer sur l'ordre du tyran.

A la fin de la pièce, Malcolm, le fils de Duncan, reprend le pouvoir.

L'ambiguïté de Macbeth, semblant trop prompt à sombrer dans le mal, laisse planer le doute : est-il l'homme impuissant face aux forces du mal qui le submergent, ou est-il coupable d'une faute originelle ? 1

Analyse

De nombreux commentaires ont, bien sûr, souligné la dualité et la complémentarité des deux personnages principaux : Macbeth et Lady Macbeth, de même que les correspondances et les échos thématiques et métaphoriques entre Lady Macbeth et les sorcières. L'approche psychocritique s'appuie sur ces échos, ces réseaux de métaphores pour voir ces personnages comme la déformation et l'objectivation de diverses pulsions inconscientes. Comme dans le processus du rêve en psychanalyse, comme dans le miroir qui reflète la lignée impossible de Macbeth, des désirs ambivalents et contradictoires s'expriment inconsciemment et symboliquement. Lady Macbeth est la figure qui représente le désir féminin (la femme bien sûr, mais aussi la possession de la mère patrie, de la couronne), le "would" qui s'oppose tragiquement au "could", (vouloir/pouvoir). Son incapacité avouée à agir est ironiquement justifiée par la ressemblance avec le père: "S'il n'eût pas ressemblé à mon père endormi, je m'en serais chargée" (II,2).

Une fois l'acte accompli, la culpabilité n'est pas que morale : elle implique une identification au père tué, d'où des pulsions suicidaires. Quant aux sorcières, elles nous renvoient aux archétypes et aux fantasmes collectifs du "ça".

Dans l'esprit du dramaturge, à l'époque, il est clair que microcosme, macrocosme et société (Body Politic) sont trois niveaux correspondants d'une organisation typique et, au fond, incontournable, fondamentalement humaine : celle du psychisme reproduit, projeté, objectivé, déformé, voire magnifié au niveau métaphysique. Ainsi, ce que la conscience perçoit comme une fatalité surnaturelle n'est que l'émanation de désirs sombres inconscients refoulés et rendus monstrueux par l'instance répressive qu'est le surmoi. Ce mécanisme de projection explique le transfert qui s'opère entre Macbeth et Lady Macbeth : c'est elle qui l'incite au meurtre mais qui voit ses propres mains entachées du sang du "père" : "Il y a toujours là une odeur de sang. Tous les parfums de l'Arabie ne peuvent purifier cette petite main" (V,1), c'est lui qui a besoin d'être "aiguillonné" pour commettre le crime mais qui s'enferre dans une attitude meutrière fatale.

Le discours des sorcières ne peut de fait qu'être ambivalent, oxymoronique et chiasmique. L'ironie tragique est omniprésente: dès le début, "la bataille est gagnée et perdue" ; Horrible est le beau, beau est l'horrible"(I,1) ; " les choses que le mal a commencées se consolident par le mal" (III,2)...

Le thème du régicide-parricide comme celui de l'infanticide trouvent un écho ironique dans les intrigues secondaires : la monstrueuse stérilité de Lady Macbeth, dont le "lait" est devenu "fiel" (I,5), est dramatisée dans l'horreur du carnage chez Lady Macduff. Le sommeil volé sera perdu jusqu'à ce que Macduff, père dépossédé, accomplisse le geste d'obédience purgateur en faisant l'offrande de la tête du criminel au jeune Malcom.

Filmographie sélective

Parmi les nombreuses adaptations cinématographiques, on pourra citer :

1948 : Macbeth de et avec Orson Welles ; 1957 : Le Château de l'araignée (Kumonosu-jo) d'Akira Kurosawa avec Toshiro Mifune ; 1971 : Macbeth (The Tragedy of Macbeth) de Roman Polanski avec Jon Finch.

Opéra

Giuseppe Verdi a composé un Macbeth sur un livret de Francesco Maria Piave, dont la première représentation a eu lieu le 14 mars 1847 au Teatro della Pergola à Florence. Ernest Bloch a composé un Macbeth sur une traduction française de la pièce de Shakespeare par Edmond Fleg, dont la première représentation a eu lieu en 1910 à l'Opéra-Comique. Emile Goué a composé une musique de scène pour Macbeth, dont la première représentation a eu lieu en octobre 1944 à l'Oflag XB de Nienburg an der Weser.



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