Profession Mère de Griselda Gambaro



Mathilde attend sa fille, Leticia, qu’elle n’a pas revue depuis l’âge de 2 ans. Soucieuse de réussir ces retrouvailles, Mathilde s’appuie sur la présence réconfortante de sa compagne Eugenia. Dès l’arrivée de Leticia, les trois femmes se rendent compte que les liens du sang ne suffiront pas à recréer le lien maternel, qu’il faudra s’exposer, se justifier, se maîtriser pour éviter l’explosion irréversible de colère, de reproche et de rancune. Seule la douceur naïve d’Eugenia, son «instinct maternel » resté sans fruit, parviendra à rendre possible un début de réconciliation.

du 6 juillet au 27 juillet, à 12h40 au Gilgamesh Théâtre 2 bis, place des carmes, 84000 Avignon dans le cadre du Festival Off d’Avignon."Comment arriver à dire: Je suis ta mère! Mais je le suis. Je le dis comme ça, sans intonation particulière, sur un ton neutre. Tout au plus avec une nuance de surprise." MathildeMise en scène

Dilia Gavarrete - Lhardit

Avec

Isalinde Giovangigli

Sophie Guillemant Marie Provence Scénographie

Franscesca Giuliano

Lumière

Damien Thille

Traduction

Françoise Thanas



Profession Mère est une tragi-comédie sur le sentiment d’abandon et sur la difficulté de communiquer entre une mère et son enfant. Au-delà du récit, chacun pourra reconnaître des fragments de sa propre histoire: Comment renouer les fils de liens brisés ? Peut-on réparer les erreurs du passé ? Comment accepter l'autre dans ce qu'il a de plus effroyable et déroutant ? Il y a d’abord la rencontre avec la langue de Gambaro. Succincte et précise, elle façonne des personnages complexes empreints d’une grande théâtralité. Elle nous parvient de façon immédiate, touchant aux endroits insoupçonnés de l’expérience, de la mémoire. La pièce est courte. Elle finit au moment où une demande d’amour est enfin formulée. Dès la première lecture de Profession Mère, je sais que le travail consistera à éclairer le processus qui donne vie à cette demande d’amour, le chemin que Mathilde et sa fille traversent pour se retrouver. La troisième femme, sorte de modèle maternel et féminin, apparaît comme le point d’ancrage, l’axe métaphorique autour duquel la mère et la fille se confrontent. Avec les comédiennes, nous cherchons à mettre en évidence les caractères contrastés des personnages, puis, par endroits, à les dépouiller de leurs artifices, à les rapprocher d’une parole authentique et juste, à créer le silence d’où surgit l’émotion. Nous jouons sur les variations de registres : sévères, sentimentales, légères, criardes, graves... Mélange de couleurs qui donne à ce théâtre d'Amérique du Sud son sens si profondément humain et populaire, un théâtre fait de rires et de larmes, un théâtre qui ose poser les questions essentielles de notre existence.

Dilia Gavarrete-Lhardit





Griselda Gambaro est née en Argentine en 1928. Elle est aujourd’hui considérée comme une figure de proue du théâtre argentin. Auteur aussi de romans et de nouvelles, elle a étérécompensée par plusieurs prix dont le prestigieux Prix de la Academia Argentina de Letras. Elle a écrit une trentaine de pièces de théâtre toutes crées et publiées dans son pays. Parmi ses principales oeuvres traduites en France figurent La malasangre, El Campo, El desatino, Penas sin Importancia. Sa pièce Profession Mère a connu un très grand succès auprès du public de son pays.



La Compagnie Méninas Dilia Gavarrete-Lhardit et Marie Provence, deux comédiennes typées, convaincues du pouvoir subversif du théâtre dans la vie de chacun, décident d’aller au devant du public, de rebrancher le courant. Elles fondent en avril 2005 à Marseille la Compagnie Méninas en développant un concept original de théâtre à domicile et avec l’entreprise. Leur idée: permettra au théâtre de revenir progressivement dans le quotidien de chacun, d’inventer avec les moyens du bord, de donner du fil à retordre. D’ailleurs, ça marche : la compagnie enregistre ses premiers contrats et perfectionne sa proposition au contact de ceux qui osent. Le courant passe ; on ne sort pas indemne de l’experience et chacun peut la tenter.

Pour sa première création, la compagnie choisit un texte fort d’une figure de proue du théâtre argentin contemporain, Griselda Gambaro, auteur populaire et engagée : Profession Mère , pièce sucrée-amère sur le sentiment d’abandon et son ombre, la culpabilité, sur la difficulté d’accepter l’étrangeté de l’autre, qui plus est entre parent et enfant. Présente pour la première fois au festival d’Avignon 2007, la compagnie s’affirme et se projette : à travers le désir de création transparaît celui d’offrir au spectateur un théâtre généreux et cathartique qui touche aux endroits insoupçonnés de l’expérience et de la mémoire.